Alors que l'été n'est pas encore officiellement là, que la moitié de l'année 2009 n'est pas écoulée, une question obsède la blogosphère (depuis que j'ai appris ce que c'était, j'adore employer ce mot) : l'album de l'année est-il déjà sorti?
Chez Pitchfork on ne fait pas de plans sur la comète mais les notes sont limpides : - Animal Collective : 9,6 / 10 - Dirty Projectors : 9,2 / 10
Mais c'est Grizzly Bear qui pourrait bien décrocher la timbale en fin d'année, avec un splendide Veckatimest.
Et moi, qu'est ce que j'en pense?
Il semblerait qu'Animal Collective subisse actuellement un gros retour de baton. Si les défenseurs historiques n'ont pas encore retourné leur veste, d'autres qui criaient au génie hier ont changé de refrain : "imposteurs, trop intello, branleurs" tout y passe. Personnellement, ils ne m'ont jamais déçu. Les 3 concerts que j'ai vu d'eux furent tous de grands moments, de la grande scène du Primavera à la pinède très intimiste de la Villa Noailles à Hyères.
En studio, Animal Collective est un groupe ambitieux, et peuvent laisser quelques auditeurs sur le bord de la route, en deviennent-ils des connards prétentieux? A vous de juger.
Le parcours de Dirty Projectors est tout autre. Mené de main de maître par un leader/gourou en la personne de Dave Longstreth (auteur / compositeur / multi instrumentiste / génie), le groupe a connu un nombre incalculable de changement de line-up (des changements pour chaque album, chaque tournée) avant de se stabiliser pour la tournée précédent l'avant dernier album : Rise Above.
Ce groupe fut l'une de mes grandes découverte scénique aux Etats Unis il y a deux ans. Alors qu'ils ouvraient pour... Xiu Xiu (mais j'ai un doute), Dave hurle sur l'ingé son pour son travail médiocre et sur les quelques spectateurs inattentifs et nous sort de grand jeu. Autant habité sur scène qu'un certain Ian Curtis, il est le véritable chef d'orchestre, admiré autant que craint par ses compagnons de scène. Un concert dont personne ne ressort indemne. Si Rise Above m'a quelque peu déçu après 3 concerts fantastiques, je dois avouer que le groupe frappe un grand coup avec ce nouveau disque : Bitte Orca. Plus fluide mais toujours aussi expérimental, Dirty Projectors semblent avoir trouvé leur équilibre.
Et Grizzly Bear dans tout ça? Ils vont très bien, merci. Un peu moins exposés que leurs amis pré-cités, ils poursuivent leur petit bonhomme de chemin dans leur coin et nous rappellent régulièrement à leur bon souvenir en livrant de véritables petits chefs d'oeuvres.
De ces trois albums, Veckatimest a ma préférence pour le moment... Après un grand nombre d'écoutes, j'ai l'impression de toujours redécouvrir ce disque, d'entendre de nouvelles subtilités : un travail d'orfèvre.